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Dernières parutions, février 2008

 

Biographies/Autobiographies

Sagan, A toute allure Marie-Dominique Lelièvre, Sagan à toute allure. « Françoise Sagan n’a pas fabriqué sa légende, elle a été fabriquée par elle. » Derrière le mythe Sagan, Marie-Dominique Lelièvre a souhaité « éclairer quelques facettes » de la très secrète Françoise Quoirez, « charmant petit monstre » dont l’impertinence, l’audace et l’anticonformisme ont durablement séduit l’imaginaire collectif. La journaliste, qui n’a rien oublié de son admiration de jeunesse pour l’icône et pour l’écrivain, s’est glissée dans l’univers de l’auteur d’Avec mon meilleur souvenir. Elle a relu ses romans, consulté des archives privées, s’est rendue dans ses différentes demeures, a examiné sa bibliothèque, sa garde-robe, recueilli les témoignages de sa sœur, de sa nièce, de sa dernière compagne Ingrid Mechoulam, de ses amis et plus particulièrement ceux de Florence Malraux et de Bernard Franck qui ont toujours été à ses côtés dans les moments lumineux comme dans les pires. Benjamine d’une famille de la haute bourgeoisie du Lot, Françoise Sagan est une enfant gâtée, adorée par son père, qui ne souffrira jamais la moindre frustration. Célèbre en 1954 à 18 ans grâce à Bonjour tristesse, elle devient instantanément le symbole de la jeune femme libre qui vit dans l’instant et sans limites. L’argent, la fête, le jeu, la vitesse au volant de voitures puissantes, le cheval de course, l’alcool, la drogue, les amants hommes et femmes alimentent frasques après frasques la légende. « L’excès, c’est un goût ou un sens. On le promène à travers la vie, et ce qu’on trouve délicieux à l’existence, c’est qu’elle offre toujours de nouveaux excès à faire. », confie Sagan dans un entretien au Figaro en 1987 et en matière d’excès elle est passée maître. Elle écrit son premier roman sous amphétamines, devient dépendante à la morphine en 1957 des suites de son terrible accident de voiture, boit plus que de raison et ne résiste pas à la cocaïne. Ronde des stupéfiants qui la fera s’entourer de personnages troubles et se compromettre dans l’affaire Elf. Derrière la vivacité de la parole et de l’esprit, des terreurs et des blessures restent tapies : la perte de Peggy Roche, la hantise de la solitude ou l’obsession de ces images des corps sans vie des camps de concentration vues au cinéma petite fille. Loin de prétendre « saisir son énigme la plus profonde », la biographe compose un portrait tout de subtilité où existence romanesque et oeuvre se répondent en permanence s’irradiant l’une l’autre. Ed. Denoël, 352 p, 20€.

Sophie Cherer, Ma Dolto Sophie Chérer, Ma Dolto. « Un médecin d’éducation, c’est un médecin qui sait que, quand il y a des histoires dans l’éducation, ça fait des maladies aux enfants qui ne sont pas des vraies maladies, mais qui font vraiment de l’embêtement dans les familles et compliquent la vie des enfants qui pourrait être si tranquille. » Voilà ce qu’annonce avec aplomb à ses parents médusés Françoise Marette à l’âge de 8 ans. Enfant singulièrement intelligente et curieuse de tout, la petite fille pressent du haut de sa lucidité les effets néfastes des incohérences et des manquements des adultes et lie déjà sans le savoir son destin à la cause des enfants. Jeune fille, malgré l’attitude culpabilisante de sa mère à la mort de sa soeur aînée Jacqueline et ses efforts constants pour la dissuader de poursuivre des études, elle se montre fermement résolue à conquérir son indépendance et sa dignité de femme. Une analyse, entamée à 25 ans auprès de René Laforgue, la libérera des injustices et des souffrances passées, aiguisant définitivement ses affinités pour la psychanalyse. Elle veut tout mener de front, exercer un métier et fonder une famille : elle devient une pédiatre et psychanalyste de premier plan et aura trois enfants avec Boris Dolto. Connue dans toute la France pour son émission Lorsque l’enfant paraît diffusée sur France Inter en 1976, Françoise Dolto qui a développé une écoute exceptionnelle au contact de ses jeunes patients, s’est employée toute sa vie à combattre les mentalités étriquées pour imposer une nouvelle perception du nourrisson et de l’enfant. En cette année de centenaire de sa naissance, Sophie Chérer rend hommage à la trajectoire d’une pionnière, à cette passionnante aventure du pouvoir de la parole sur les êtres. Ed.Stock, 304 p, 19 €

Romans

Pino Cacucci, Nahui Pino Cacucci, Nahui. Traduction de l’italien Benito Merlino. Quand ses yeux croisent en 1961 ce regard éblouissant, ce « regard d’océan enragé bariolé de mauve comme les dieux des hauts plateaux, d’émeraudes et de turquoises aztèques », que voulait capturer dans ses pinceaux Diego Rivera, le poète Homero Aridjis reconnaît sous les traits dévastés et les vêtements élimés de la vieille femme, Nahui Olín, une des artistes emblématiques du Mexico des années 1920-1930. Carmen Mondragón de son vrai nom, fille du général Manuel Mondragón qui participa à l’un des coups d’état les plus sanglants du Mexique, poétesse et peintre, a elle aussi épousé les soubresauts de l’histoire, de cette révolution emportée par Pancho Villa et Emiliano Zapata, en s’inscrivant du côté du peuple comme d’autres artistes politisés de son époque au premier rang desquels Diego Rivera et David Alfaro Siqueiros. Sa beauté ardente a inspiré poètes, peintres et photographes. La nudité de son corps voluptueux et insoumis, révélée sous l’objectif d’Edward Weston et d ‘Antonio Garduño a scandalisé ou subjugué. Sa liaison volcanique avec le peintre Gerardo Murillo a défrayé la chronique. Déjà auteur d’une biographie de la photographe Tina Modotti , autre pilier de la vie artistique et intellectuelle mexicaine, Pino Cacucci a compris combien la forme romanesque siérait mieux à cette véritable héroïne des temps modernes, femme rebelle qui n’a cessé de se vouloir libre pour s’affranchir d’une société aliénante. « J’ai un corps si beau que je ne pourrais jamais priver l’humanité du droit d’admirer cette oeuvre ». Ed. Christian Bourgois, 210 p, 25 €

Annie Ernaux, Les années Annie Ernaux, Les années. Aucun nombrilisme dans l’entreprise littéraire d’Annie Ernaux. Les ressorts autobiographiques ne s’ébranlent que pour servir ce souci constant de faire se rejoindre l’expérience intime et l’histoire collective. Son dernier roman creuse encore et toujours ce même sillon dans une sorte d’aboutissement puisqu’il embrasse tous ses livres précédents, toute une vie de femme, toute l’étendue de 1940 à nos jours d’un demi-siècle français. « Ce qui compte pour elle, c’est au contraire de saisir cette durée qui constitue son passage sur terre à une époque donnée, ce temps qui l’a traversée, ce monde qu’elle a enregistré rien qu’en vivant. » Annie Ernaux se décrit sur des photographies la représentant à différents âges et voudrait « réunir ces multiples images d’elle », celles de la petite fille modeste sur fond de paysage normand, de l’étudiante, de l’enseignante, de l’épouse, de la mère ou de l’amante. À la fois partie prenante et détachée, à la fois en elle et hors d’elle, elle veut graver le souvenir d’instants suspendus, traduire le temps qui passe, l’évolution des choses et des mentalités, capturer la sensation de soi, l’émergence de ses propres désirs, les reflets de la France de l’après-guerre, la guerre d’Algérie, les bouleversements de mai 68 ou encore les années Mitterrand. Petits et grands événements se superposent dans une même interrogation de la mémoire, dans une même conscience d’être au monde, déroulés sous nos yeux avec une rare intelligence. Ed. Gallimard, 256 p, 17 €.

Tahar Ben Jelloun, Sur ma mère Tahar Ben Jelloun, Sur ma mère. « Je ramasse les heures et les jours, je me baisse et je les prends par petits bouts, ce n’est pas grand-chose, mais des morceaux du temps qui passe, ce n’est pas négligeable, mais si vous êtes tous là, je pourrai m’arrêter de me pencher sur les débris du temps. » Atteinte de la maladie d’Alzheimer, Lalla Fatma conversait avec les fantômes du passé, avec les vivants et les morts, avec pour seule réalité sa vie dans la ville de Fès des années 30-40. Durant les derniers mois de la vie de sa mère, Tahar Ben Jelloun a pris des notes, compulsant délires et éclairs de lucidité. Par ces fragments de mémoire, ces dialogues réels ou ces monologues intérieurs réinventés, son roman rend palpable ce « fil de soie », cet « amour gratuit, simple et évident » tissé entre une mère et son fils. Lalla Fatma ne craignait pas la mort, elle voulait partir en paix entourée de ses enfants. Fidèle à la tradition marocaine qui prône le plus grand respect pour les parents, pour les liens familiaux, Tahar Ben Jelloun a accompagné sa mère jusqu’à la fin. Réassembler la mémoire de sa mère c’est aussi pour l’écrivain, au-delà de sa propre histoire, conserver les traces de sa culture et de l’histoire du Maroc, ambition commune à tous ses livres. Ed. Gallimard, collection blanche, 288 p, 17,90 €. Ed. Gallimard, collection blanche, 288 p, 17,90 €

David Descamps, L’apéritif des faibles David Descamps, L’apéritif des faibles. Tout comme David Descamps, le narrateur de ce premier roman vit à Marseille et est originaire du Nord-Pas-de-Calais. De retour dans son Bailleul natal, quelques jours après le décès de son ami Dino, il se laisse à nouveau envelopper par l’atmosphère étouffante des Flandres françaises. À la demande de la mère de Dino, il vient mettre de l’ordre dans les papiers de son ami,. Photos et carnets intimes de Dino font affluer les souvenirs flamboyants de leur jeunesse. Au plus près de la présence de son ami, dans ce territoire circonscrit entre sa chambre mansardée et le café où il noyait son désespoir avant de se suicider dans un bois, le narrateur se remémore la vitalité des années 90, la beauté captivante de Dino, les nuits blanches entre copains, les week-ends au bord de la mer et la sensualité des corps avides de plaisir. Ed. Les Allusifs, 106 p, 13 €.

Frédéric Brun, Le roman de Jean Frédéric Brun, Le roman de Jean. Jean Dréjac avait jeté des notes pour un projet de récit autobiographique destiné à son fils qu’il n’a jamais mené à terme. Après Perla paru en 2007, qui s’attachait à la figure maternelle, Frédéric Brun s’est penché sur ces bribes manuscrites et sur les archives de son père et retrace le parcours éclatant de cet artiste de music-hall dont nombre de chansons courent encore sur toutes les lèvres. Débarqué de ses montagnes grenobloises, à 17 ans en 1938, il est prêt à conquérir Paris. Il se produit dans différentes salles et connaît le succès avec Ah ! Le petit vin blanc. Parolier très prisé, il est sollicité par Maurice Chevalier, Yves Montand ou Serge Reggiani. Il écrit Sous le ciel de Paris pour Duvivier, L’homme à la moto et Le Chemin des forains pour Edith Piaf qu’il accompagne par amour dans sa tournée américaine. Il aime la fête, le jeu, l’alcool puis renonce à cette vie agitée quand il rencontre sa femme Perla. Frédéric Brun a appris la mort de son père à Athènes et a trouvé dans la lecture des philosophes de l’Antiquité la force d’accepter ce deuil et de rédiger cet émouvant portrait. Ed. Stock, 168 p, 15,50 €.

Revues

Moments littéraires, revue 19 Moments littéraires, la revue de l’écrit intime.
Parution du N°19
Revue de littérature, semestrielle, qui publie journaux, carnets de notes, correspondances, récits autobiographiques...

Au sommaire du n° 19

-  Autour de J.-B. PONTALIS
Esquisse d’un portrait de J.-B ; Pontalis de Edmundo Gomez Mango
Entretien avec J.-B. Pontalis
L’autre côté de J.-B. Pontalis
-  Lettres polonaises présentées par Yaël Armanet-Chernobroda
-  Kiehlufer 7 de Nadine Ribault
-  Sonate Posthume « Avignon 2003 » de Sylvain Ledda
-  Ma route coupait droit à travers le monde de Pierre Furlan
-  Les chroniques littéraires d’Anne Coudreuse

-  Lettres polonaises. Les lettres publiées sont extraites d’une correspondance familiale. Elles ont été écrites de 1936 à 1939. Yaël Armanet-Chernobroda les présente aux lecteurs.
« Ce n’était pas un secret de famille. Ces trois cents lettres ont toujours été là, à la portée de tout le monde, dans leurs petites boîtes carrées en carton. Mais personne n’a jamais vraiment cherché à les lire parmi les enfants. Pendant 70 ans, elles sont restées comme ça, pliées en quatre, sans que quiconque puisse les lire, car elles avaient été écrites en yiddish et en polonais, et qui savait encore ces langues parmi les enfants de ces deux parents, émigrés venus de Pologne en janvier 1935, sentant venir le malheur, et s’établissant en Palestine ? Mais les deux parents avaient lu toutes ces lettres, ils ont pleuré en silence et en cachette pendant toute leur vie sur leur deuil et le père, Saul -Menahem Chernobroda, a demandé que les noms de ses proches et ceux de sa femme, Malka-Sheine, née Stupaj, soient inscrits sur leurs tombes respectives. Pour la mémoire. Cela a été fait.
Leur fils aussi, Dov Chernobroda, a demandé de son vivant à ses trois enfants et à ses petits-fils de garder leur nom Chernobroda. Pour la mémoire. « C’est la seule chose qui nous reste de notre famille, notre nom », disait-il. Et ils l’ont gardé. »(...)
1er semestre 2008. 12 €
Directeur de publication : Gilbert Moreau
Se procurer la revue :

http://pagesperso-orange.fr/les.mom...

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